The cult of fun has spread like some disgusting haemorrhagic disease

Accueil > Comment on cause du jeu vidéo

lundi 29 mars 2010

Le bug de la PS3, un miracle à l’envers ?

Viens voir les magiciens !

L’annonce, ce 29 mars, de la part de Sony de la fin de la possibilité d’installer un OS sur la PlayStation 3 marque une nouvelle étape dans le durcissement des pratiques des éditeurs/constructeurs vis-à-vis des consommateurs/joueurs. Ce genre de choses ramène d’ailleurs à un autre évènement survenu il y a à peine un mois et qui a démontré avec fracas le rapport particulier que nous entretenons avec nos machines : le fameux bogue de la PS3 !

Le fameux bogue de la PS3 nous permet peut-être d’entrevoir une dimension assez paradoxale que nous entretenons avec nos machines de jeux, rapport dont il n’est cependant jamais question, parce que peut-être l’ensemble de la critique s’en tient à cette évidence première : une console, c’est ludique !

Et ce vendredi 29 février, la PS3 tomba en panne. Victime d’un bogue, la console de Sony a alors cessé de fonctionner normalement. Les manifestations de ce bogue étaient multiples, la machine allant jusqu’à refuser de lancer certains jeux. Un véritable évènement ! D’ailleurs la presse l’a bien compris et n’a pas hésité à titrer comme il faut : « Bug mondial », « gros bug », etc. et partout, ce même constat : la console avait un problème, on ne sait pas pourquoi, quelles en seront les conséquences ?

C’était pourtant l’occasion de faire une analyse assez simple et finalement économe en terme d’effort journalistique : face à ce dysfonctionnement de la machine, personne n’était en position de fournir de réponses claires, ni même de proposer un semblant de solution. Tous les regards se tournaient vers Sony, histoire d’avoir une réponse. À vrai dire, on ne pouvait rien essayer du tout. Le joueur était prisonnier de sa console verrouillé comme un coffre-fort (la PS3 vient seulement d’être « ouverte » paraît-il). L’impossibilité pour l’utilisateur de comprendre ce qui se trame à l’intérieur de l’objet fait qu’on nomme cet objet une boîte noire ( teasing : Tonton publiera bientôt un article consacré à ce [1] ). Ce qui dans le cas de la PS3 n’était un secret pour personne. Qu’avons-nous donc fait de cette boîte noire ? Avons-nous tenté d’en dévoiler le fonctionnement ?

L’ignorance nous ouvre les portes d’un monde d’explications magiques et merveilleuses

La meilleure explication de ce problème restera sans doute celle de JulienC, qui décidément manie avec une maestria rare l’explication qui n’explique rien (tout comme le test qui ne teste pas, ni ne dit rien du jeu, cf. Flower). Meilleure parce que sur LCI, et pour qu’une bêtise ait le retentissement d’une bêtise, il faut qu’elle soit médiatisée comme il faut. Bêtise donc qui tient précisément en ceci : « en fait c’est très simple [...] le problème est lié au 29 février, aux années bissextiles, la console a cru qu’il y avait un 29 février ce qui n’était pas le cas, du coup en fait elle s’était un peu perdue ». Je vous jure que c’est vrai ! Donc, la console a cru qu’il y avait un 29 février !

Nous pourrions montrer l’insuffisance de la démonstration en demandant simplement pourquoi modifier la date de la console ne changeait rien au problème ? Ma console croit être le 29 février ? Pourquoi ne suffisait-il pas, vis les menus, de régler cette dernière au 1er mars ? Le jeu vidéo se refuserait-il, quelquesoit le domaine, à produire un discours un tant soit peu sérieux ? Quel est le lien entre la date et le fait de pouvoir lancer un jeu ? Bref, obtenir des réponses, avoir un début d’explication.
De l’autre côté, c’est-à-dire à l’opposé exact de l’explication, la pensée magique s’était mise en route ; et les experts du jeu vidéo dispensaient les conseils sans aucun fondement. Nous ne savons pas ce qu’il se passe, mais vous, ne faites surtout rien, n’y touchez pas ! La PS3 était enfin redevenue le monolithe noir qu’avait été son aînée lors de son lancement.

Tant qu’à distribuer des palmes, on pourrait filer celle du prophète à jeuxvideo.com pour son exceptionnel retour sur l’évènement. L’article, même s’il a le véritable mérite d’expliquer pourquoi les consoles ont déconné (il faut dire qu’il s’étale un peu plus que JulienC, et qu’il a l’air de connaitre un minimum le sujet) nous décrit un monde ou « Une tasse de café renversée et ce sont quelques millions de joueurs qui peuvent rencontrer un problème. » car « Plus un système est complexe... plus il a de chance de s’effondrer à cause d’un détail ». Là, on sent bien qu’on est passé à un rien de la référence à Terminator... De même, la limite selon Chièze étant l’incroyable complexité de ces machines. Les voies de la PS3 sont décidément impénétrables. La pensée magique est de retour grâce au jeu vidéo. Amen.

L’industrie du jeu vidéo fabrique le joueur dont elle a besoin : ignorant !

Il est vrai que sur Interface nous tapons souvent sur la presse vidéoludique. Et encore une fois, la volonté manifeste d’une bonne partie de celle-ci à obscurcir le discours sur le jeu vidéo, de ne pratiquer en lieu et place d’un journalisme, qu’un marketing nuisible nous donne sans doute raison ! Mais, de temps à autre, nous trouvons une véritable pépite qui ferait presque penser qu’il y a encore de l’espoir. Cette fois c’est dans ce même article de jeuvideo.com que nous l’avons trouvé.

L’absence d’ouverture des consoles, le « tout propriétaire » qui est la politique des principaux constructeurs du monde de jeu vidéo met à distance le savoir qui est utilisé pour produire et utiliser les technologies. On nous vend un objet sur lequel nous n’avons aucune prise. Comment fonctionne ma console de jeu ? Est-ce que je peux la modifier ? Ces choses-là, c’est-à-dire s’approprier véritablement l’objet, en le comprenant, en l’analysant, ce qui passe ici par un démontage par exemple (démontage matériel et logiciel), ces choses-là nous sont interdites. Nous sommes condamné à rester ignorant devant l’objet.
Et cet état d’ignorance n’est pas prêt d’évoluer lorsqu’on voit les explications offertes pour ce bug. Le seul et unique traitement qui lui a été offert a été médiatique, avec un vocabulaire visant à l’enflure : le bug était en effet « mondial » (alors que seulement une partie des consoles étaient touchée) c’était une « journée noire » pour Sony (heureusement qu’on était pas un jeudi, sinon Sony avait droit à son 1929), bref, nous étions encore une fois dans le sentiment, dans la communion autour de notre objet sacré. D’autant plus sacré qu’on s’efforce et qu’on se donne du mal à nous le rendre inconnaissable.

Voilà à peu de chose près l’objet de la conclusion de jeuvideo.com. Une sortie de ce type est salutaire, reste à savoir si jeuvideo.com osera être conséquent, c’est-à-dire n’hésitera pas à tenir cette position devant les mécènes que sont pour lui Sony et consorts. Car avec ce type de discours, on entendrait enfin que le jeu vidéo pourrait et devrait prendre une autre forme que celle qu’il prend dira-t-on naturellement, c’est-à-dire sous la seule et unique impulsion du marché.

Après cet évènement planétaire, que dis-je, mondial et obscur ! Nous attendons avec impatience la nouvelle lettre ouverte de Gameblog.fr (soutenu par sa communauté) qui sait prendre ses responsabilités dans l’espace public quand il le faut, lettre ouverte aux trois principaux constructeurs pour qu’ils ouvrent leurs matériels dès aujourd’hui ! Et qu’ils mettent fin par le même coup aux mesures de surveillance et de contrôle qu’ils appellent (abusivement) antipiratage ! Nous ne doutons pas un seul instant que la presse étant absolument libre de dire ce qu’elle veut (c’est les journalistes qui le disent) cet appel de bon sens trouvera un écho immédiat et planétaire. Allez, je vous donne, en exclusivité, le titre de ces futurs articles qui ne manqueront pas d’apparaître un peu partout : « une date à marquer d’une pierre blanche pour le jeu vidéo ! »


(c) Image - Denis Collette...!! Flickr


Article modifié le 31/03/10 à 23h08

par Eidolon


Voir en ligne : Fin du libre et de l’alternative sur PS3

Messages

  • « Fin du libre et de l’alternative sur PS3 »

    « L’absence d’ouverture des consoles, le « tout propriétaire » qui est la politique des principaux constructeurs du monde de jeu vidéo »

    N’en dis pas plus, je sais de quel bord t’es à présent mon salaud.

    Cela dit je regrette que tu ne te sois pas risqué un tantinet plus loin dans ton analyse - était-ce parce que l’info de la suppression d’une fonctionnalité officielle est tombée après coup ? En réaction à cette news, au milieu des trolls classiques, s’est mêlé une deuxième couche de trolls - les anti-DRM et leurs ennemis les anti-anti-DRM, tous droit sortis des débats sur l’avenir du jeu PC - et une troisième a commencé à y mettre discrètement le pied, composée essentiellement de libristes (il faut bien admettre qu’on n’est pas toujours de très bonne foi, surtout s’agissant des consoles : après tout, Supertux vaut bien un Little Big Planet non ?) et d’autres mecs qui n’avaient a priori rien à foutre dans une énième annonce de professionnel du JV emmerdant ses clients, comme on s’en cogne toutes les deux semaines.

    Je ne vais pas développer ici au risque de chier un pavé, mais cette affaire ne nous approche-elle pas encore un peu plus des soucis posés par la convergence PC/consoles/bidulophones ? Un peu avant la PS3, on avait les DSiWare impossibles à transférer, le DRM extrême de chez Ubi, les discussions sur l’iPad, et en remontant encore avant on a les expériences de pay-what-you-want de 2D Boy et Kloonigames. Si je voulais me la jouer archéologue, j’irai déterrer ce qui se disait sur les forums à l’époque des premiers pas de Steam. Bref, tout ça pour dire que ton billet caresse une problématique qui, selon moi, va enfler de plus en plus fort dans les mois à venir, et peut-être bien se retrouver au cœur des préoccupations lorsque la question de la Next-Next-gen se posera à nouveau, un fois la poussière Move et Natal retombée.


    • Je suis bien d’accord, la suppression de Linux sur PS3 (enfin, le suppression de la possibilité de Linux) mériterait qu’on lui fasse un sort, et la raison invoquée est pile-poil la bonne. En fait, cet article avait trouvé le chemin de l’oubli (comme un paquet d’autres !), mais cette annonce m’a quelque peu forcée à le ressortir.

      Pour le pavé, aucun problème, ici on prend ! Mais il ne faudrait pas non plus déconner, SuperTux ne vaut pas LBP, il lui est tout simplement supérieur en tout point.

      Plus sérieusement, je pense également que cette situation peut mener à une "grogne" mais cette grogne ne viendra pas de la presse (pour les raisons que l’on trouvera ici même et dans cet autre article ) ou alors sur un mode que je trouve personnellement sympathique, mais inefficace : la gaudriole.

      Merci pour le commentaire, il a le mérite de mettre l’évènement en perspective, de rappeler que ce n’est pas un fait isolé, mais plutôt de la norme en ce moment. Et dire que ceux qui disent amen à ce genre de choses le font au nom de la liberté...


  • Le problème c’est que pour le coup, si l’explication de Chièze n’est pas très approfondie, elle est globalement juste.

    http://www.eurogamer.net/articles/digital-foundry-vs-apocalyps3

    La console "croit qu’on est un 29 février alors que ce n’est pas le cas" me paraît un résumé assez pertinent de ce qui s’est passé. LCI (brrr LCI, quelle horreur) c’est du généraliste, tu vas tout de même pas démonter la PS3 devant les téléspectateurs. ^^

    Après sur la question du verrouillage, c’est autre chose, mais tant qu’il reste des PCs... Je suis pas certain que grand monde ait acheté la PS 3 pour faire tourner Linux dessus. Les créateurs de contenu veulent une plateforme fermée, parce que pour le moment c’est le seul moyen de faire fonctionner le modèle économique traditionnel du jeu, qui est certes très imparfait, mais qu’on peut pas nécessairement bazarder... A moins de vouloir se contenter de MMO et de jeux indés. C’est pas pour rien que le PC, alors qu’il est devenu peu cher et facile d’accès, n’est à de rares exceptions près, plus considéré comme une plateforme majeure par les producteurs de jeux AAA.


    • Bien sûr que l’explication de Chièze est juste, à ce degré de généralité... Il n’est fait aucun effort pour proposer quelque chose qui permette de comprendre ce qui s’est passé. Comme dit dans l’article, pourquoi un simple changement de date "manuellement" ne permettait pas à la console de se "retrouver" ? La personnalisation de la PS3, mis à part faire plus proche du jeu vidéo, sur le ton : « la PS3 c’est une copine je la connais bien ; super intelligente, mais un peu tête en l’air », ne sert à rien. Mais contrairement à ce que l’on pensera sûrement il n’était pas question de se faire JulienC encore une fois. Il est simplement (simple ?) emblématique du comportement des sites de jv français : alors qu’ils sont "spécialistes" ils n’expliquent rien, travaillent à rendre leur objet obscur et cette activité est nuisible.

      Je ne suis pas d’accord avec toi, la question du verrouillage relève précisément du même problème et je suis bien déçu d’avoir échoué à le faire sentir. L’absence de prise de position d’une bonne partie de la presse fr n’aide pas du tout à faire connaître les possibilités offertes par ces consoles pour peu qu’on se donne un peu de peine.

      Mes amis ne voyaient même pas l’intérêt d’une PSP avant que je leur parle des possibilités offertes par son "ouverture", que ce soit pour le plus condamnable (ex :les jeux sur MemStick, et donc sans temps de chargement) ou le beaucoup moins fliqué (ex : l’émulation).

      La possibilité d’installer Linux sur la console aurait peut être permis à cette alternative à Windows de se démocratiser un peu... est-il interdit de penser, au seul prétexte que la réalité n’est pas déjà ainsi, que le "libre" et l’alternative doivent trouver des relais, des "propagandistes", pour pouvoir s’installer un peu ? Mon but était ici simplement de dire qu’il s’agissait là d’une belle occasion manquée. Et que la raison de tout cela, c’est certainement l’ignorance crasse. Ce qui pour revenir à Chièze veut dire que je fais le pari suivant : certes il s’exprime certainement dans le cadre imposé par LCI (comme chaine de télévision, mais également comme média généraliste) mais il ne faudrait pas croire qu’il serait capable de tout autre chose, de quoi d’autre serait donc capable les journalistes de jv ?


    • De quoi sont capables les journalistes de jeu vidéo ?

      Je sais pas... Digital Foundry est un blog Eurogamer, ils expliquent la question technique en détail...

      Pour la question de l’ouvert, personnellement je suis bien content d’avoir un système d’exploitation MS, qui fait à peu près ce que j’attends de lui, et qui est présenté pour quelqu’un comme moi qui ne s’intéresse qu’à l’outil informatique et pas à son fonctionnement : je n’ai pas de temps à consacrer à celui-ci, pour avoir dû m’y coller dans les années 80 je sais que ça ne m’intéresse pas.

      Je suis bien content que Linux existe, mais ce n’est pas pour moi. Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est simple, etc. , certains logiciels libres sont efficaces, Linux reste encore trop pour les amateurs d’informatique pure.

      Bref tant qu’il reste de l’ouvert, j’ai rien contre le fermé. Je suis plus circonspect sur la fermeture façon Apple, mais à voir la ruée vers l’Appstore (et j’ai interviewé récemment des dév indé qui ont bossé sur iphone) ça intéresse les développeurs ce genre de système. Le piratage est un problème très complexe, mais il faut aussi entendre les développeurs qui ont besoin d’un minimum de protection en l’état actuel... A se voiler la face, on va se bouffer de la DRM à la Ubi...


    • je crois que la recherche de la mesure est une bonne chose mais tout de même la volonté manifeste du contre pied me parait ici légèrement abusive. Lorsque tu milites (comme s’il était menacé) pour l’état de fait, il faudrait je pense répondre au préalable a ces quelques questions : la majorité écrasante des produits sont ils ouvert ? Les plateformes sont elles en majorité ouverte ? Le mouvement va t il vers plus d’ouverture ou de fermeture ?

      Enfin ce n’est pas parce que je dis qu’il serait bon de cesser la marche du verrouillage que j’en fais pour autant quelque chose a abattre. Il me semble que la réalité est tordue dans un sens, et qu’il serait bon que dans les milieu "pro" y réfléchisse au lieu de célébrer docilement le marché. S’ils avaient deux sous de jugeote ils verraient partout les distortions de e marche, les asymétries qui le composent, ne crois tu pas ?


    • Je ne milite pas pour l’état de fait, je réfléchis à la situation en essayant de peser le pour et le contre : si ça ne tenait qu’à moi, on adopterait une sorte de licence globale, modalités à trouver.

      Si tu veux changer le status quo, encore faut-il le penser... Après tu peux faire du Linux sur PS3 une question de principe... Il me semble que le Linux était présent suite au choix de faire de la PS 3 une machine ultra-polyvalente, ce qui n’a pas donné grand chose pour Sony, et le constructeur revient dessus. A vrai dire il y aurait peut-être une enquête à faire, mais bon courage pour percer les arcanes industrielles de Sony.

      Je sais pas, ils ont peut-être peur qu’on profite de Linux pour pirater les jeux ? Ou alors c’est pour couper des coûts de SAV ? Quelles raisons donnent-ils ? Ils mentent peut-être, je dis pas hein, mais ça peut être intéressant à savoir.

      Mais la plainte pour la plainte... Je préfère vanter les mérites de jeux en freeware.

      Pour tes questions, je sais pas. Un PC demeure pas mal ouvert... Les possibilités d’éviter MS sont aussi nombreuses qu’avant... Les consoles ont toujours été propriétaires, elles sont peut-être plus difficiles à craquer, mais il y a des choses sans doute passionnantes comme Android pour les portables... Qu’il y ait une lutte et que parfois les constructeurs "marquent des points" (dans le mauvais sens), pourquoi pas, mais je pense que pour le coup tu montes un peu en épingle un détail (la PS3 franchement, je suis pas certain que ce soit la machine favorite des linuxiens...)


    • Le problème n’est pas tant au sujet de Linux ou de la PS3. Le problème, c’est qu’un constructeur fasse disparaître une fonctionnalité d’une console, comme ça, sans que l’on puisse rien y faire ou presque. Cela ne paraît pas très grave aujourd’hui, mais je pense que le problème sera de plus en plus pesant à partir de maintenant.
      Les PC demeurent ouverts, mais les jeux vidéos sur PC ? Vouloir y jouer semble signifier se plier à tous les outrages des éditeurs convaincus que le piratage leur fera la peau. Sur consoles. c’est pire : toutes les boîtes de jeux Wii comportent à l’arrière un avertissement inquiétant concernant les modifications "non autorisées" (sic) de la console.

      Et voilà que tout récemment, nous vient ceci du Canada : http://kotaku.com/5512204/do-not-mo....

      J’ignore si cette interprétation de la loi aura une réelle valeur juridique (avec ce genre de news, c’est souvent le pétard mouillé), mais elle prouve à mon sens qu’on est face à un réel problème. Ce qui se passe avec les OS des PC et autres téléphone portables est un autre débat, mais ne le restera pas très longtemps.


    • Il ne me semblait pas faire autre chose que tenter (à ma mesure) d’offrir une sorte d’intelligence des phénomènes actuels. M. Cereb’ vous n’avez pas le monopole de la réflexion, et ce faisant il me semble que j’essaie de dire quelque chose d’assez simple : nous sommes face à des phénomènes (traitement médiatique du bug, disparition de Linux, DRM de chez Ubi, etc.) qui révèle une attitude particulière vis-à-vis de ce média : la justification de l’ignorance, et de l’asymétrie entre éditeur et joueur. De ce point de vue, il me semble qu’on ne sort pas du fait.

      Pour changer le statu quo, il faut le penser. Là encore, bien sûr. Et il me semble que dire, un peu rapidement je te l’accorde, que la presse fr pousse dans le sens d’un certain obscurantisme me permet là encore de me mouvoir dans les faits. Pour l’enquête je suis tout à fait d’accord, mais il ne me semble pas que ce soit le but ici. Et vu les difficultés d’un Frédéric Martel à accéder aux majors je doute que ce soit plus simple pour les jeux vidéo. Cette objection, loin d’anéantir l’idée de l’article, lui offre un autre éclairage. Le jeu vidéo baigne dans une fausse transparence, montée de toutes pièces par le tandem journaliste/éditeur et qui répond forcément à des logiques structurelles propres à ce domaine, mais la multiplication des reportages « insides », des « carnets de développeurs », etc. qui laissent à penser que tout se déroule au grand jour, que cette activité répond à une logique d’auteur (quand on lit les bullshit de Viennot et Cage sur les modes de production des objets culturels !), on favorise la mise à distance de l’objet.

      Le PC reste ouvert, mais n’est plus le lieu de dev privilégié comme tu le disais toi même. Cela ne va pas sans appeler un commentaire. Cette génération de console est, il me semble, la plus verrouillée, la plus difficile à pirater (certainement en lien avec leur mise en ligne, pour la X360 la modif’ exclu du live), et l’idée est de dire que ce verrouillage nous fait entrer dans un rapport particulier avec les consoles... je dirais un peu moins authentique. Un peu comme avec les bagnoles qui se parent d’électronique (et que nos parents savaient démonter), le savoir est mis à distance par tout un tas de procédés qui ne relèvent pas simplement de raisons techniques, mais bien ici économiques (il devient évident que la suppression de Linux vise à anticiper les bidouilles de GeoHot). Je voulais simplement dire ici qu’il existe un mouvement général qui vise à retirer au joueur la propriété de sa console dont le traitement de ce bug n’est qu’un symptôme. Et le fait que peu de monde « bidouille » n’est pas un argument pour en supprimer la possibilité. Au final, peu importe que la PS3 soit ou pas la machine favorite des linuxiens ... ce n’était pas le sujet, à peine l’accroche.

      « la plainte pour la plainte » : cette ritournelle a décidément de beaux jours devant elle... J’ai préféré répondre à tes autres remarques, mais ce n’est pas très fairplay de schématiser ainsi. Lorsque c’est pour rendre intelligible une position soit, mais pour dévaloriser à (très) peu de frais... mais peut-être est-ce le prix à payer pour être lu par des « insiders » ?


Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document

Notes


[1Mais on peut déjà consulter l’article de Wikipédia sur le sujet